mardi 8 octobre 2013

L'ascension du Cerro Charkini - le récit

 
Ce mardi 8 octobre, je me suis lancé un petit défi : faire l'ascension du Cerro Charkini, 5392m. Et pour tout vous dire je suis un peu 'chafouin'. Ayant eu le récit de l'ascension du Huayna Potosi de mon pote Fab et de Ruth quelques jours auparavant, mon envie première aurait été de les imiter. Mais voilà, comme je n'ai pas confiance dans mon bras droit et que ce dernier m'aurait été nécessaire pour gravir le mur de glace situé à 5700m, ma raison m'a fait me 'rabattre' sur un sommet de seconde zone.




Le premier objectif est de rejoindre le camp de base du Huayna Potosi à 4700 mètres, le Cerro Charkini étant l'une des montagnes voisines. Et en Bolivie, rien de plus simple : le camp de base est atteint tout simplement en voiture et ne nécessite qu'une petite heure et demi depuis le centre de La Paz. Pour cette expédition de 2 jours, j'ai traité directement avec mon guide, Santos ; ainsi je suis sûr que l'argent demandé ne servira pas les intérêts d'une quelconque agence mais ira directement dans les poches de mon guide.


Panneau à l'arrivée au Camp de base du Huayna Potosi.

Et voilà mon refuge : la petite maison en haut à droite de cette photo :



Que pensez-vous de la déco intérieure ? colorée non ?



En tous cas, ce camp de base tient toutes ses promesses ; je retrouve le sourire.



Et pour cette première journée d'acclimatation, nous nous rendons près d'un glacier sur lequel s'entraînent les prétendants au Huayna Potosi. Le trek est quelque peu écourté par la brume qui s'installe petit à petit. L'avantage de tout ça : je n'ai absolument pas entamé mes réserves physiques.



Le lendemain, à 4 heures du matin, c'est le début de la journée. Je fais le plein d'énergie en prenant un petit déjeuner copieux et mon traditionnel thé aux feuilles de coca. A 5 heures, je suis paré : des chaussures gore-tex montantes, 3 pantalons (un thermique, mon pantalon de trek et un sur-pantalon gore-tex), 4 couches pour le thorax (un thermique, une micro-polaire, une polaire à poil long -- je la surnomme la "chubaka" -- et une veste gore-tex), un tour de coup windstopper, un bonnet péruvien windstopper, une frontale et un seul bâton de trek pour ne pas solliciter mon bras droit. Je sors du refuge et finalement je suis peut être un peu trop couvert ...

Pendant un peu plus d'une demi-heure, à la lueur de ma frontale, je suis mon guide. Je ne vois pas grand chose mais en pivotant la tête sur ma gauche, j'ai quand même l'impression que nous longeons un à-pic et ce relativement longtemps. Mais l'obscurité m'empêche d'évaluer mon environnement proche. J'en saurai plus au retour. Vers 5h30, le soleil commence à se dévoiler et vers 6h30, le spectacle commence. Le Huaya Potosi est splendide :



A 7h15, je commence mon baptême de crampons sur glacier :



20 minutes plus tard, ce petit glacier est avalé. Les crampons sont enlevés et nous continuons l'ascension sur de la pierre brute. A 8h, le sommet du Cerro Charkini est atteint. Et je dois vous avouer que l'émotion est grande. Pour moi c'est une revanche sur mon début d'année. Mais surtout, que c'est bon de se sentir en bonne santé ! La photo qui suit résume mon état d'esprit du moment : pas d'exploit réalisé mais heureux d'avoir passé avec succès ce bon test physique ! 



Pour couronner le tout, la vue est superbe. Les nuages m'ont fait ce plaisir de rester dans la vallée et le ciel est resté dégagé :





Au retour, nous croisons 3 autres trekkeurs : 2 touristes et leur guide. Seul détail un peu marquant : ils marchent tous sans crampon et ne sont pas encordés. En gros, si l'un d'eux fait une erreur et glisse, c'est la Pachamama, la déesse-Terre qui l'accueillerait les bras ouverts dans un autre monde. Du grand n'importe quoi !



Un peu plus tard, je vois notre sentier se dessiner sur la montagne ; c'est là que je me rends compte des à-pics présents. Purée, et dire que cette nuit j'ai parcouru ça s'en trop m'en rendre compte !!





La vidéo qui suit permet de se rendre un mieux compte du vide. Je suis à tout moment près à sauter dans le ruisseau à ma gauche. Et je n'hésite pas à pousser la chansonnette pour me donner du courage :

Les photos

Toutes les photos de cette ascension : ici
D'autres informations et photos de la Bolivie sur ce lien.

Une musique pour finir

Pour les amateurs de chanson, voici la version originale : 
Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?
Jean Ferrat.

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