lundi 30 septembre 2013

Le trek du Condoriri, fifi, loulou

Le trek du Condoriri









Objectif : le Condoriri


2 jours après la petite expédition dans la région de Sajama, me voilà reparti pour un trek : le trek du Condoriri (et je ne bégaye pas ...). Cette fois-ci je ne devrais pas être le seul touriste : j'ai choisi cette date afin de me retrouver avec 2 belges qui ont réservé une petite semaine auparavant. Autant vous dire que mes blagues à 2 balles sont affûtées !

Pourtant, quand je rentre dans la voiture, à ma grande surprise je suis encore le seul touriste présent. Apparemment nos 2 belges ont fait la fête dixit mon guide et ne se trouvent pas dans un état de santé optimal pour de longues heures de marche. J'ai bien l'impression que mon voyage se transforme petit à petit en un stage linguistique de plein air. Je prends quand même !!

Le trajet est cette fois-ci assez court : le Condoriri se situe tout près du Huayna Potosi. Et le Huayna Potosi est visible sur les hauteurs de la Paz. Malgré tout, et cela est le tarif normal à La Paz, il faut un peu plus d' une heure pour sortir des bouchons et commencer à s'éloigner de la capitale puis 40 minutes de piste pour atteindre une retenue d'eau artificielle : la Laguna Tuni.





Jour 1 : Laguna Tuni (4448m) - Laguna Chiar Khota (4680m)



Le village de Tuni est incroyablement ... désert ! En fait seule une dizaine de petites bâtisses forment ce petit hameau. Le Huayna Potosi du haut de ses 6088m domine les lieux. Cette montagne est prisée des backpackers : elle est considérée comme étant la montagne de plus de 6000m la plus facile à gravir. "Facile" n'est peut être pas le mot adapté tant l'altitude et la pente mettent le physique des grimpeurs à rude épreuve. (Malgré tout, les agences de La Paz vous diront que le taux de réussite est de 90% ... vive le marketing !!). De mon côté, l'ascension de ce géant n'est pas prévue au programme.



A notre arrivée, mon guide (le fils de mon précédent guide) a discuté de notre chargement avec l'une des propriétaires . 2 ânes sont ainsi prévus pour porter la charge. je ne m'inclus bien évidemment pas dans ce total !! Histoire d'aider ces pauvres bêtes, nous entamons notre déjeuner sur notre table improvisée :



Ensuite, c'est un mini-trek de 3 heures sans réelle difficulté que nous réalisons en compagnie de la propriétaire des ânes. Et je peux vous dire que malgré son poids (Excusez-moi madame) et son âge (Disculpe me Senora), les kilomètres ont été avalés à toute vitesse. Au fond, nous voyons déjà le Pico Austria et le Condoriri.



Le site de notre campement est comme vous pouvez le voir des plus communs. Je rigole bien sûr ; la laguna Chiar Khota est grandiose ! Et grâce à la photo suivante, je peux vous expliquer la provenance du nom "Condoriri". Le mont enneigé est appelé "La cabeza del Condor" et les 2 montagnes qui l'entourent "las alas del Condor". Et c'est vrai qu'en prenant le temps de l'observation, l'image d'un condor avec les ailes déployées saute aux yeux.


Ma tente au premier plan

Et comme vous le constatez, il n'y a pas qu'une seule tente sur le campement. J'ai la surprise d'apprendre que je serai accompagné les 3 prochains jours d'une trekkeuse vénézuélienne habitant à Miami. Dans mon imagination, j'ai immédiatement la vision d'une bimbo avec chihuahua qui essaie de marcher avec ses talons sur les sentiers de montagne. Et bien bimbo oui mais caricature douteuse de la fille superficielle non !

Depuis 5 ans, Karina voyage un peu partout sur la planète avec comme lubie l'ascension de multiples sommets. Et je peux vous dire que l'équipement qu'elle porte est au top. D'ailleurs demain nous projetons de gravir le Pico Austria, une montagne qui a une altitude située entre 5100 et 5350m suivant les sites internet ... Je vais être fixé sur l'état de forme de ma trekkeuse. En attendant, nous faisons connaissance et le repas du soir est ponctué de grands éclats de rire. 


Jour 2 : Ascension du Pico Austria (entre 5100 et 5350m)



Le Pico Austria est cette montagne noire qui domine notre campement :



3 heures 1/2 d'ascension en mode 'rythme tranquille' sont nécessaires pour atteindre son sommet. La première phase est constituée de petits sentiers en terre et la végétation est restreinte à ce que j'appelle de l'herbe à chameau ou à lama. Dans la seconde phase, la pente s'accentue. La végétation disparaît pour laisser place à de la pierre brute. L'arrivée au sommet nous offre un panorama au delà de mes espérances : à la fois nous avons une vue imprenable sur le Huayna Potosi mais aussi sur une grande partie de la Cordillère Real. Nous apercevons même le Lac Titicaca et la ville de La Paz au loin.





Le retour se fait en 2h30 environ et force est de constater que Karina dévore la pente. Cependant cette journée est pour elle beaucoup moins agréable : un sévère mal de tête lui a martelé les tempes pendant tout le trek. Les effets de l'altitude sont ingrats. Pourtant Karina n'a jamais été sujette à ces problèmes dans ses expériences précédentes. Mais partir de Miami située au raz de l'eau, arriver à La Paz à 3600m et enchaîner le jour suivant par un trek ne laisse pas beaucoup de temps au corps pour s'adapter.

Lors de la soirée, nous sommes rejoints par 2 hollandais, Charlotte et Arnoud, frère et sœur ... ce sont en fait les 2 belges dont, dixit l'agence, l'état de santé ne permettait pas de faire un trek. Le Bolivien est donc sujet à l’amalgame douteux 'la Belgique et la Hollande c'est la même chose.' C'est moche ça !! La soirée n'en ai que plus animée !  


Jour 3 : Laguna Chiar Khota (4680m) - Site de campement de Carmen Pampa



Le lendemain matin le lever est difficile pour mes compagnons ; la nuit a été dure. Karina n'a plus de mal de tête mais aujourd'hui c'est son estomac qui lui pose quelques petits soucis. Arnoud souffre d'un mal de crâne carabiné dû à l'altitude. Enfin Charlotte et nos 2 autres compères ont eu très froid malgré les 4 couches de vêtements utilisés. De mon côté c'est tout l'inverse : aucun effet de l'altitude et grâce à mon super sac de couchage (qui m'a coûté un bras ... jeu de mot douteux quand on connaît mes mésaventures au Cambodge), j'ai même eu trop chaud. Un comble alors que j'étais juste vêtu d'un pantalon thermique Icebreaker et d'un tee-shirt à manche longue Quechua !

Le trek d'aujourd'hui est en fait ennuyeux : notre parcours est quasiment plat. (Les 3 premières heures sont utilisées pour revenir sur nos pas et rejoindre le village de Tuni). Malgré tout faire une vingtaine de kilomètres permet de se dégourdir les jambes. Et le site de campement est encore incroyable avec une vue toujours fantastique sur le Huayna Potosi.






De gauche à droite : Karina, Arnoud et Charlotte


Jour 4 : Site de campement de Carmen Pampa - Milluni (4565m)


4ème et dernier jour de ce trek du Condoriri. Nous entamons la journée par une petite grimpette : un col à environ 5000m d'altitude. J'ai une forme physique de ouf !! C'est un peu comme si mes globules rouges étaient propulsés à toute allure dans mon corps tels des balles de tennis servies par Amélie Mauresmo. (Je n'ai pas de meilleure comparaison, désolé.) Mais dans l'équipe, Charlotte nous met tous minables. Elle n'arrête pas de parler et gambade tout au long de l'ascension. Un lama qui la verrait crapahuter ainsi en perdrait sa salive !! Et chez les lamas, perdre sa salive est une honte ; t'es un lama et tu ne peux pas cracher !! Allo ! Allo quoi !!!

Arnoud ne peut pas en dire autant : le pauvre est frappé une nouvelle fois par le mal des montagnes. En plus d'avoir l'impression de se faire cogner les tempes par un pic-vert, ce dernier a constamment envie de vomir. Heureusement ce supplice diminue lors de la redescente vers le site minier de Milluni. Au fait, vous êtes fan d'étymologie maintenant ; rien que pour vous voici notre ami wikipedia : Milluni vient du belge 'Milounie' qui signifierait "petit chien futé qui refuse de voir la réalité en face". Pour ceux qui se sont aperçus de la supercherie voici la vraie définition : Milluni vient de l'Aymara 'millu' "celui qui a une couleur marron" ... 

Karina nous fait ses adieux ; elle s'en va tenter l'ascension du Huayna Potosi. Le camp de base est tout proche. Pour la petite histoire, Karina sera contrainte de renoncer à cette ascension. Son agence lui a fait parvenir 2 paires de chaussures, l'une trop grande et l'autre trop petite. C'est d'autant plus embêtant qu'ayant réservé ses 4 jours de trek plus une journée d'ascension sur Internet, l'agence lui a demandé 700 dollars. (Juste pour vous donner un ordre de grandeur, mes 4 jours de trek me coûtent 1400 bolivianos, soit environ 150 euros). Quand on sait qu'en plus un américain doit payer 135 dollars pour obtenir son visa bolivien, cela fait très très cher du voyage ...


5 min après avoir couru pour redescendre les 200 premiers mètres de ce col


Le site minier de Milluni et ses conséquences écologiques sur les lagunes toutes proches

En résumé, je reviens encore en bonne santé de ces 4 jours. En plus, le test de mon sac de couchage est concluant. Comme j'ai en ligne de mire le trek pour aller au camp de base de l'Everest (l'année prochaine normalement), tout ceci est plus que positif. Histoire à suivre ...


Les photos



Toutes les photos de ce trek du Condoriri sont ici.
Pour voir d'autres photos afin de préparer votre voyage en Bolivie, cliquez ici.

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